Le ciel vu de l'Isère
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Hors-série n°2 Edito du 3 août - 23h





SALUT !

Ce deuxième édito dit "hors-série" s'intéresse à une personnalité du paysage météorologique français bien connue des passionnés : l'ami Guillaume SECHET. Voilà près de 12 ans que nous avions l'habitude de le voir sur les écrans de La Chaîne Météo et près de 2 ans qu'il est devenu un des acteurs incontournables de la météorologie iséroise grâce à sa station en ligne de Chamrousse et son site meteo-chamrousse.com.

Cet été est une période de mutation professionnelle pour Guillaume, mais qu'on se rassure, la météorologie reste le dénominateur commun de ses activités. Il nous fait l'amitié de nous accorder cette interview pour nous en dire davantage...





Salut Guillaume. La rumeur se vérifie donc : tu ne travailles plus pour La Chaîne Météo après 11 ans et demi de services supposés bons et loyaux. Que s'est-il passé ?



Guillaume : C'est relativement simple. La Chaîne Météo a été rachetée par Météo-Consult en août 2006. Pour des raisons économiques, cette entreprise a souhaité centraliser ses activités dans ses locaux de Marsainval (près de Vernouillet, dans les Yvelines). L'expérience de 11 ans et demi à La

Chaîne Météo a été extrêmement enrichissante mais cela ne pouvait pas durer éternellement. J'ai un esprit assez créatif et je commençais à me sentir un peu à l'étroit. J'ai donc décidé de quitter l'entreprise et j'en suis très heureux. Je garde d'excellents contactes avec mes employeurs et je retravaillerai peut-être plus tard mais d'une autre façon et pas dans l'immédiat..







Quels sont tes souvenirs les plus marquants au cours de ces années d'antenne ?



Guillaume : Ils sont très nombreux et il est difficile d'en choisir quelques-uns, en particulier. Comme il s'agit d'une chaîne où le direct est fréquent, il y a une série incalculable de bêtisiers et de situations complètement farfelues. Dernièrement, lors d'une pause café, je me suis mis à danser le French Cancan sur le plateau. Mais il se trouve que la régie a par erreur appuyé sur un mauvais bouton... Cette séquence d'hystérie a été diffusée en direct, en plein milieu du bulletin de prévisions à 7 jours sans que je ne m'en aperçoive !!

Je me rappelle aussi d'un moment où après avoir présenté une séquence, mon collègue est allé aux toilettes sans avoir pris la penne d'éteindre son micro. Le bruit de la chasse d'eau est passé en direct sur un magazine...

Enfin, un jour ma mère m'appelle pour m'avertir que ma conversation perso passait en direct à l'antenne sur un magazine qui n'avait rien à voir (j'avais également oublié d'éteindre mon micro). Comme il y avait des problèmes d'interférences avec la ligne téléphonique, je ne comprenais pas quel était le but de son appel et je me suis mis à monter le ton. Des milliers de téléspectateurs ont ainsi assisté en direct à cette engueulade ! Ma mère m'entendait lui répondre à la télévision !











Tu disposes depuis maintenant 2 ans d'une station météo de type vantage à 1785m alt du côté de Chamrousse dont les relevés sont consultables en direct sur internet. Comment parviens-tu à maintenir cette station d'altitude tout en habitant Paris ? As-tu le don d'ubiquité ?



Guillaume : C'est le miracle de la technique. Mon ordinateur est allumé en permanence et grâce à Manu (informaticien de l'office du tourisme), on a pu créer un système qui limite le risque de panne et d'intervention humaine. Le principal problème est lié aux orages car la foudre tombe très souvent sur Chamrousse et les coupures d'électricité sont fréquentes. Dans les cas extrêmes, mes amis montent chez moi et relance l'ordinateur. Il y a Jérôme, Stéphane et toi, Jean-Philippe...;^) Et puis, il ne faut pas oublier que je viens assez fréquemment dans mon studio. Chamrousse n'est qu'à 3h40 de Paris par le TGV. J'attends avec impatience le prolongement de la ligne à grande vitesse jusqu'à la station (je plaisante).











Sur meteo-chamrousse.com, tu assures aussi un bulletin de prévision très fréquemment mis à jour et somme toute de grande qualité. Comment, toi le "parigot", as-tu acquis les subtilités de la météorologie locale ?



Guillaume : Cela fait déjà 4 ans que j'ai ce pied-à-terre à Chamrousse mais il est vrai que je suis le plus souvent à Paris. Ceci ne pause pas un réel problème car grâce aux webcams, à ma station météo, aux satellites et aux radars de précipitations (dont les données sont diffusées en permanence sur internet), presque rien ne m'échappe. Toutefois, la situation géographique de Chamrousse est complexe et les prévisions météo ne sont pas faciles. Ca m'arrive bien entendu de me tromper mais généralement, je m'en aperçois assez vite et je corrige le bulletin dans la seconde. Je peux en effet le rédiger de n'importe où dans le monde. Il m'est déjà arrivé de suivre la situation depuis Stockholm, Assouan, Chicago ou Séville...











Ton bulletin de prévision pour Chamrousse jouit d'une forte notoriété. Il est notamment affiché à l'office du tourisme de la station ; une lourde responsabilité donc. Redoutes-tu qu'une erreur de prévision puisse engager la vie d'un skieur ou d'un randonneur ?



Guillaume : Bien entendu et j'y pense souvent. En revanche, je n'ai pas un rôle de « conseilleur » dans telle ou telle activité et les gens sont responsables de leurs actes. Au niveau de la législation, ma responsabilité n'est pas engagée. Il ne s'agit que d'un bulletin d'information sur le temps qu'il fera. Pour des activités à risque, le bulletin doit être plus détaillé et il vaut mieux contacter plusieurs sources.











Fort de ton expérience à Chamrousse (et à Paris), tu viens d'ouvrir d'autres sites sous la même mouture pour diverses villes françaises, dont meteo-grenoble.com avec, là aussi, un bulletin de prévision. A partir de quelles sources établis-tu ces prévisions ? Assures-tu ton poste 7 jours sur 7 ou as-tu des suppléants ?



Guillaume : A travers ces sites, je propose vraiment un service de proximité (gratuit) et c'est ce que recherchent les gens. En suivant la situation en temps réel (via les stations météo, les webcams, les radars de pluie et les satellites pour les nuages), je réalise des prévisions à courte échéance. Pour les prévisions de 12h à 7 jours, j'interprète les cartes de simulation de l'atmosphère (modèles météo) disponibles sur internet. J'utilise et je compare en permanence les modèles GSF (américain), ECMWF (Européen) ainsi que MM5, BOLAM (modèle italien) et NMM (Suisse).

Il s'agit d'un travail extrêmement prenant (7jrs/7 et presque 24h/24) mais vraiment passionnant. Des collègues et amis me remplacent parfois et j'ai de plus en plus de correspondants locaux qui n'hésitent pas à me contacter lorsqu'ils ne sont pas d'accords sur les prévisions ou pour m'avertir de la présence ou de l'arrivée d'un phénomène important.











Nous te connaissons aussi comme auteur de livres sur la météorologie : un almanach « ma météo au jour le jour » qui nous déçut quelque peu et une chronique « Quel temps ! » tout à fait passionnante. D'autres ouvrages seraient en gestation, peux-tu nous en dire plus, voire même nous livrer un scoop ?



Guillaume : « Ma météo au jour le jour » n'est qu'un carnet météo et il faut le prendre comme tel.

Il est vrai qu'il n'est pas exactement comme j'aurais voulu qu'il soit car il y a justement une certaine confusion. Il ne s'agit pas d'un livre mais il s'est plutôt bien vendu.

Le succès de « Quel temps ! » est lié à deux choses. D'une part ce livre évoque en nous des souvenir rattachés à différentes époques de notre vie (d'où un public assez vaste et pas essentiellement composés de passionnés de météo). D'autre part, il comble une lacune énorme en matière de connaissance des évènements météo du passé et permet de replacer dans leur contexte des évènements actuels.

En ce qui concerne mon 3eme ouvrage, j'ai terminé son écriture en août 2006 et il sera publié dans quelques mois. Il s'agit d'un livre encore plus ambitieux que « Quel temps ! » et plus explicatif. Le thème reste axé les évènements météo.

Enfin, je collabore actuellement à la réalisation du dernier ouvrage d'E. Leroy Ladurie. Je lui fourni les éléments climatiques et il écrit avec son regard d'historien. Nous travaillons ensemble depuis l'automne dernier.











Sans trop de langue de bois, peux-tu nous donner ton regard sur le paysage météorologique français : Météo-France, LCM, Météo-Consult, associations, sites internet, etc. ?



Guillaume : Très bien - de toute façon, il n'est pas dans mes habitudes d'être "langue de bois". En ce qui concerne Météo-France, j'ai l'impression que ce service public n'est pas vraiment au service du public. L'Etat met Météo-France dans une logique de profit ce qui n'est justement pas logique. Les choses ont évolué dans le mauvais sens à partir de 1988 et nous avons désormais l'un des services météo les plus chers au monde (c'est logique puisque tout le monde sait que les français payent très peu d'impôts...). La météo américaine, reconnue pour la qualité de ses informations (allez voir le site internet de la NOAA) a une politique inverse du « presque tout gratuit » (ce qui paraît logique puisque les américains payent beaucoup d'impôts - je plaisante).

D'autre part, je trouve la sélection au concours de Météo-France parfaitement injuste et même assez scandaleuse. Les épreuves ne comportent pratiquement pas de météo et si vous n'êtes pas un crack en maths et en physique, vous n'avez aucune chance. Il faut croire qu'un bon prévisionniste a inéluctablement besoin d'un très bon niveau en mathématiques et en physique pour exercer sa fonction. Lorsque vous connaissez ce métier, vous vous rendez compte que ce n'est pas le cas. C'est un peu comme si nous avions une vision de la météo d'un autre âge. Dans de nombreux pays développés, les météorologistes sont formés à l'université (plus adaptée au monde actuel) et sont avant tout jugés sur des critères de terrain - ce qui laisse une plus large place aux passionnés, pas forcément surdoués en maths mais très bons en météo...

Concernant internet, je trouve cela dommage que les moteurs de recherches ne fassent pas de différences entre les sites qui proposent des prévisions météo automatisées et les sites (comme les miens) où il s'agit d'un véritable service d'expertise (même si je n'aime pas ce terme pompeux). La population n'est pas sensée savoir comment nous travaillons et si un produit est de qualité ou pas. Comme la météo n'est pas une science exacte et qu'il y aura toujours une part d'erreur, ceci laisse les fenêtres ouvertes à tout et n'importe quoi. Les utilisateurs de meteo-paris.com ou de meteo-chamrousse.com savent bien quels sont les atouts de mes sites mais il faut une certaine habitude pour s'en rendre compte.











Comptes-tu rester domicilié en région parisienne ou envisages-tu de déménager vers d'autres climats plus exaltants, par exemple le nôtre (pardon de ne pas cacher un certain chauvinisme...) ?



Guillaume : Je ne compte pas déménager pour l'instant même si je viendrai sans doute plus souvent à Chamrousse. C'est bien aussi, de pouvoir alterner la nature et la ville... ! Lorsque la technologie nous le permet ;^)





En te remerciant bien amicalement.



Guillaume : Merci aussi à toi - tes questions étaient très pertinentes.











.Contact : jpvittoz@yahoo.fr

.On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. (Desproges)



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